Auprès de mon arbre…

Un arbre au milieu d’un champ, c’est une forme d’île au cœur d’un océan : utile pour se reposer, indispensable pour plus de diversité ! C’est une figure qui se raréfie, dans nos campagnes… Pourtant, à lui tout seul, il héberge une grande communauté d’êtres vivants. Ainsi, lorsque le bétail se protège sous son ombre bienvenue en plein été, des oiseaux se perchent dans ses branches, trouvant alors le gîte et le couvert : les mouches – incontournables autour du bétail – sont juste en-dessous d’eux !
Un arbre seul au milieu d’un champ, constitue également un excellent mirador. Les rapaces, à la vue perçante, verront sur une plus grande étendue les rongeurs qu’ils attraperont !

L’arbre mort et vivant à la fois


arbre-couche

Un arbre mort grouille lui aussi de vie ! Les scolyte, les grands capricornes et les rhagies sont des coléoptères de tailles différentes (quelques millimètres à 8 cm) qui vivent dans le bois mort. Chacun, à son rythme et selon son appétit, fore des galeries qui fragilisent la structure du bois. L’arbre mort devient un immeuble avec de nombreux étages et plein d’habitants qui cohabitent tant bien que mal. Petit à petit, sous l’action des mandibules, l’ensemble se fragilise, se rompt et finit par tomber.
Dans les cavités qui se creusent, des larves se développent. Ainsi, l’éristale, mouche pollinisatrice qui mime une abeille, pond ses œufs dans l’eau qui s’accumule dans ces trous. L’osmoderme, coléoptère protégé nationalement, trouve aussi un refuge dans certains vieux arbres.
Finalement, la matière de l’arbre sert à fabriquer les insectes qui le mangent, les champignons qui poussent sur lui, et les plantes qui finiront par s’implanter dans les fissures humides de son tronc.

Un bosquet accueillant

Un petit bois clairsemé, naturel ou aménagé, constitue une bonne source de biodiversité. Les fourrés constituent des protections dans lesquels les lièvres pourront se réfugier, dans lesquels les oiseaux peuvent nidifier, où les champignons peuvent grandir sans se faire piétiner. Mais il est bon, parfois, de limiter les ronciers : un milieu « ouvert » est plus riche en biodiversité qu’un milieu recouvert d’une épaisse végétation. Grâce à la lumière, les petits arbres peuvent grandir, ainsi que certaines plantes des sous-bois, qui fleuriront alors en plus grand nombre, pour le plus grand bonheur des insectes des alentours !
Une bonne attitude consiste donc à limiter les zones densément couvertes sans toutes les éradiquer d’une part, et à laisser, en marge des champs, une végétation qu’on ne coupe que modérément d’autre part.
Et pourquoi ne pas utiliser le temps économisé sur les travaux de défrichage inutile pour observer l’environnement qui nous entoure, pour mieux les connaître… et apprendre à les reconnaître ?